La ventilation

On pense parfois que l’isolation d’un logement – gage d’économie d’énergie pour le chauffage – implique une étanchéité parfaite entre l’intérieur et l’extérieur. Il n’en est rien, ne serait-ce que pour des raisons sanitaires.

La législation réglemente d’ailleurs précisément le volume d’air à renouveler et l’organisation de ce renouvellement.

L’indispensable circuit de l’air

Parce qu’on y circule généralement d’une pièce à l’autre, un logement forme un ensemble où aucune pièce ne peut être considérée séparément, même si elle n’est occupée que très peu. Les profanes accordent rarement à la circulation de l’air l’attention qu’elle mérite, alors qu’elle est fondamentale pour obtenir un « microclimat » assurant un confort optimum.

  • La nature de la ventilation à assurer dépend de l’affectation de chaque pièce. On distingue deux grandes catégories de pièces, selon la nature et l’importance de la pollution que l’air y subit, ainsi que du taux d’humidité :

–              les pièces principales (séjour, salle à manger, chambres), où l’on passe le plus de temps, méritent de bénéficier de l’air le plus propre possible, alors que la pollution y reste heureusement modérée (sauf en cas de présence constante de grands fumeurs);

–              les pièces de service (cuisine, salle de bains, W.-C., buanderie) sont en revanche le siège d’activités qui, bien que peu fréquentes, chargent l’air de fortes pollutions (odeurs, vapeur d’eau) dont la propagation aux autres pièces doit être évitée. N’hésitez pas à discuter à votre plombier chauffagiste des problèmes liés à cette installation.

  • Le cycle de ventilation s’impose ainsi logiquement en partant de cette répartition entre les pièces du logement :

–              l’air frais venant de l’extérieur doit entrer directement dans chacune des pièces principales, ce qui s’obtient dans le cas le plus simple et le plus usité par des ouvertures aménagées en partie haute des huisseries de fenêtres;

–              l’air vicié est extrait du logement en partie supérieure des pièces où il subit les pollutions les plus désagréables;

–              la circulation entre les pièces principales et celles d’où l’air vicié est expulsé doit s’effectuer librement, mais sans générer de courants d’air localisés qui modifieraient le sens de circulation de l’air.

Il faut veiller à ne jamais obturer, ni même rétrécir, les ouvertures par lesquelles l’air entre, circule d’une pièce à l’autre, puis s’évacue du logement. Il est nécessaire en particulier de restaurer le passage sous les portes quand on pose un revêtement de sol qui le réduit (moquette, parquet).Pour éviter la stagnation de la pollution dans les pièces de service, l’air doit conserver un débit constant et permanent comme un compresseur d’air.

Les débits de ventilation

Le débit nécessaire à une évacuation parfaite de l’air vicié des pièces de service « tire » le volume d’air qui balaye le logement en un temps donné. Il détermine donc le débit de ventilation globale du logement quand l’extraction s’effectue par tirage naturel ou ventilation mécanique simple.

  • Le débit « critique » des pièces de service doit respecter un seuil minimal défini par la réglementation, selon une formule qui prend en compte les valeurs indiquées dans le tableau de la page précédente. On obtient ainsi deux valeurs : un minimum, correspondant au débit indispensable même dans un logement vide, et un maximum correspondant à l’occupation la plus forte permise par la surface du logement, dans de bonnes conditions d’hygiène. Sans entrer dans le détail des calculs, l’expérience conduit à retenir, pour chacune des pièces de service, un taux de renouvellement de l’air situé dans une fourchette de :

–              10 à 15 fois par heure pour une cuisine;

–              6 à 10 fois par heure pour les W.-C., salles d’eau et buanderies.

  • Le débit d’extraction constitue le paramètre le plus facilement mesurable. Il sert donc de référence pour s’assurer que les débits de ventilation précédemment décrits seront respectés en toutes situations. En principe, ce débit varie en fonction des conditions climatiques.